28.07.2005
Le coeur fou (1968) de Jean-Gabriel Albicocco
La fiche sur IMDB
Sur IMDB il est indiqué comme année de réalisation 1970 mais d'après Jean-Pierre Dionnet dans sa présentation du film sur Canal+, il serait en fait sorti en mai 1968 ce qui entraîna son oubli rapide vu les événements politiques du moment. C'est vraiment dommage car c'est un des films les plus étranges et les plus fous qui ait été réalisé dans notre pays.
Mais d'abord, qui était vraiment Jean-Gabriel Albicocco ? Il est né le 15 février 1936 à Cannes (ce n'est sûrement pas un hasard) d'un père évoluant dans le milieu du cinéma (Quinto Albicocco fut chef opérateur et exerça dans la péninsule). Jean-Gabriel reçut sa première caméra à dix ans et devint rapidement l'assistant de Jules Dassin sur le film Celui qui doit mourrir (1956). Puis il débuta en tant que réalisateur au tournant des années 60 en suivant la nouvelle vague et réalisa La fille aux yeux d'or d'après Balzac avec Marie Laforêt. Puis il enchaînera notamment par une adaptation cinématographique du roman d'Alain Fournier, Le grand Meaulnes en 1966.
Il tourna ce Coeur fou en dirigeant Michel Auclair, un acteur renommé à cette époque qui peut paraître décalé par rapport au sujet du film mais au contraire, il apporte une touche ténébreuse et de la consistance à son personnage, Serge Menessier, ancien reporter plein d'avenir qui est tombé dans les nouvelles à scandale. A cette occasion, il va espionner en compagnie de ses collègues son ancienne femme, ancienne gloire du cinéma tombée dans l'alcoolisme et la dépression dans une clinique privée pour riche. A cette occasion, il va rencontrer une jeune pyromane totalement givrée, l'excellentissime Ewa Swann (donc la carrière cinématographique n'est pas représentative de son immense talent). Elle va mettre le feu à la clinique dans une superbe scène pyrotechnique digne des meilleurs moments de Mario Bava. Ils vont ensuite partir ensemble et vivre leur folle amour.
Franchement, quel film étonnant, autant visuellement (à la Mario Bava, dixit JP Dionnet) que dans l'écriture, on est sous l'emprise dès le départ. De plus, c'est filmé avec des plans très rapides et souvent dans des paysages naturels vraiment impressionnants, avec toujours une superbe lumière. On peut rendre aussi hommage au travail fait sur l'image car le film est parfaitement restauré, digne d'un très bon DVD (qui arrivera un jour j'espère). C'est par exemple un film qui aurait toute sa place dans la collection Mondo Macabro ou évidemment Cinéma de quartier (si elle existe toujours ?).
Pour finir, c'est donc un film à voir (et à revoir) car il est unique et en même temps très représentatif de ce que fut le cinéma français (et aussi européen) des années 70.
Une chronique sur le site du New-York Times !
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